11/01/2012

Histoires vraies

Aujourd’hui, je vous présente une nouvelle catégorie :

« Histoires vraies », dans celles-ci, j’écrirai à chaque fois l’auteur de l’histoire et les sources dont je me suis inspirée.

J’espère que toutes ces histoires vécues vous plairont, je le souhaite de tout mon cœur !

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Le Messie, oratorio pour tous les siècles

En vingt-quatre jours, Haendel donna au monde ce chef-d’œuvre exaltant

(Par Adrian Waller)

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En 1741, Georg Friedrich Haendel ou Handel (s'écrit des deux façons) alors âgé de cinquante-six ans, avait perdu la faveur du public et aspirait ardemment à le reconquérir.

Le 22 août, dans une petite chambre au premier étage de sa maison de Londres, il ouvrit un libretto, envoyé par un poète du nom de Charles Jennens. Le texte se composait d’extraits des Saintes Ecritures : « Préparez la voie du Seigneur…Car un enfant nous est né…Je sais que mon Sauveur est vivant…Alléluia ! »

Soudain le compositeur sentit la flamme de l’inspiration se ranimer et des mélodies enchanteresses jaillirent dans son esprit ; il entreprit  sur- le- champ de les transcrire.

Après vingt-quatre jours de labeur acharné, sans presque manger ni dormir et sans avoir quitté sa chambre, il mettait la dernière main à un manuscrit de 275 pages et s’écroulait, épuisé, sur son lit.

Il venait de composer « Le Messie ».

Georg Friedrich Haendel, fils d’un chirurgien-barbier, naquit  1685  à Halle, en Allemagne. Son premier maître fut l’organiste de la paroisse familiale et, dès l’âge de 11 ans, il lui arriva de le remplacer. A dix-huit ans, il était nommé, à l’essai, à la tribune de la cathédrale de Halle. Quelques années plus tard, il alla étudier la composition en Italie, où l’opéra était en plein essor. Il passa cependant la plus grande partie de sa vie à Londres, où il s’installa en 1710.

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Pendant plus de trente ans, l’aristocratie anglaise le combla d’honneurs, mais, petit à petit, ses opéras – il en avait écrit 40- cessèrent de plaire. En 1737, aux prises avec toutes sortes de difficultés financières, il eut une attaque d’apoplexie qui lui paralysa le bras droit. Il en recouvra toutefois l’usage après être allé prendre les eaux d’Aix- la- Chapelle, et se remit courageusement au travail, mais aucune de ses œuvres n’obtint le succès qu’il escomptait. Il était donc sur le point de désespérer lorsqu’il composa son Messie.

De nos jours, Le Messie est considéré comme un chef-d’œuvre universel, l’un des plus beaux oratorios jamais composés. Comme l’opéra, l’oratorio fait appel à des solistes, à des chœurs et à un orchestre, mais ne demande ni mise en scène, ni décors. Haendel a su compenser cette austérité en accentuant la  puissance dramatique de la musique. Après l’ouverture et le paisible arioso pour ténor intitulé Consolation, Le Messie  déroule en trois parties, - la Nativité- la Passion- la Résurrection- la Gloire éternelle du Christ- une succession de chœurs flamboyants et de sublimes arias pour soprano, contralto, ténor et basse. Le majestueux chœur de l’Amen vient clore cette œuvre si géniale que, plus de deux cent- cinquante ans après sa composition, les exécutions intégrales ou partielles du Messie sont toujours attendues avec impatience par les mélomanes du monde entier, surtout aux époques de Noël et de Pâques.

Certains historiens prétendent que Haendel a été inspiré plus par le besoin d’argent que de la piété quand il a écrit son Messie. D’autres soutiennent qu’il a, au contraire, été touché par la grâce divine. On raconte qu’un jour son valet le trouva en larmes devant les pages tout juste terminées du chœur de l’alléluia. « Il me semble que je viens de voir les portes du ciel ouvertes devant moi, et le Seigneur lui-même était là », lui aurait-il dit. Plus tard en réponse à un ami qui lui demandait comment il avait composé l’oratorio, Haendel aurait répondu : « Je ne sais si mon esprit était encore de ce monde ».

Craignant les réactions de son capricieux public londonien, Haendel accepta une invitation du lord lieutenant d’Irlande et présenta son œuvre pour la première fois le 13 avril 1742 au New Musick Hall de Dublin, devant 700 auditeurs brûlant d’impatience. Le compositeur tenait son clavecin et conduisait lui-même l’orchestre. Le Dublin Journal s’avoua à court de mots pour décrire le plaisir exquis que cette exécution avait donné à un public transporté d’admiration. Dans un geste d’une grande générosité, Haendel fit don aux bonnes œuvres des 400 livres de son cachet.

Presque un an plus tard, le 23 mars 1743, il présenta au public londonien ce Nouvel Oratorio sacré, titre qu’il donnait au Messie à l’époque. Il avait choisi le théâtre royal de Covent Garden, craignant, à juste titre d’ailleurs, que la hiérarchie religieuse ne trouve pas l’œuvre à son goût. En dépit de l’approbation enthousiasme du roi qui, bouleversé par la majesté de l’Alléluia, se leva et resta debout jusqu’à la fin, créant ainsi une tradition toujours respectée depuis, la plus grande partie de l’auditoire s’ennuya ferme, et certains membres du clergé qualifièrent l’œuvre d’impie. Haendel dû la retirer de l’affiche après le troisième concert.

Au printemps 1745, il tenta sa chance deux fois encore, mais sans grand succès. Il mit alors le manuscrit de côté jusqu’en 1750, année où Le Messie fut joué dans la chapelle du Foundling Hospital de Londres, institution où étaient recueillis et élevés les enfants abandonnés. Dans ce milieu plus sympathique, les cœurs s’ouvrirent enfin, et une partie de plus en plus grande du clergé en vint à considérer l’oratorio comme un chef-d’oeuvre non indigne du texte religieux.

Le 6 avril 1759, Haendel, âgé de soixante-quatorze ans et aveugle, perdit connaissance alors qu’il dirigeait l’exécution du Messie au théâtre royal de Covent Garden. Il mourut le 14 avril, au lendemain de l’anniversaire de la première de son oratorio. Plus de 3.000 admirateurs assistèrent à ses funérailles, à l’abbaye de Westminster, où il repose dans le Coin des poètes. Une statue le représente, la plume à la main, penché sur une partition inachevée du Messie sur laquelle on peut lire les premiers mots de l’une des plus belles arias pour soprano de l’œuvre : « Je sais que mon Sauveur est vivant »

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Sources de Sélection du Reader’s Digest de décembre 1981






 

01:32 Écrit par plante dans histoires vraies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : opéra, haendel, messie, histoire |  Facebook |

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