31/05/2012

Guglielmo Marconi inventeur célèbre

 

Marconi, magicien des ondes

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Homme d’affaires avisé, le génial inventeur de la télégraphie sans fil était aussi un homme de cœur.

 

Cette histoire est racontée en 1975 par Lisa Sergio italienne de naissance, elle fut la première journaliste de radio à atteindre une renommée nationale aux Etats-Unis.

Elle était à l’époque conférencière et a publié de nombreux ouvrages.

 

C’est en juin 1921 que j’ai fait la connaissance de Marconi, lors d’une réception dans les jardins de l’ambassade d’Italie à Londres.

J’avais seize ans. Il en avait quarante-sept et il était célèbre, mais sa gentillesse me mit à l’aise. En l’écoutant évoquer ses souvenirs sur mon père, j’observais attentivement cet homme sur qui j’avais beaucoup appris et par des lectures et par des conversations. Svelte, de taille moyenne, les cheveux bruns, il avait un vaste front que dégageait encore une calvitie naissante,  quoique sévère, son visage mince, plutôt long, était celui d’un homme sensible.

Curieusement, ce « magicien qui faisait parler les airs » préférait le silence aux mots. Ayant cessé de m’entretenir de mon père, il se tut.

Je m’évertuai à soutenir la conversation sans obtenir plus que des monosyllabes.

Quand je lui avouai que je voulais devenir écrivain, il sourit et se borna à dire : «  Bien ! » Il ne me vint même pas à l’esprit que nous pourrions nous revoir.

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Lisa Sergio

 

Or, le lendemain il me téléphonait pour me demander de l’aider à rédiger certain discours qu’il devait prononcer devant un groupe d’industriels.

Quelques jours plus tard, je lui portai mon texte. Il en fut satisfait et me paya généreusement. Au moment où je pris congé, il ajouta qu’il comptait bien avoir un jour l’occasion de mieux me remercier de l’avoir délivrer d’un pareil souci.

Pouvais-je alors imaginer que venait de naître une amitié à laquelle je devrais ma carrière, ma liberté et peut-être ma vie ?

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Né à Bologne le 25 avril 1874, Guglielmo Marconi était le troisième fils d’un Italien, riche propriétaire terrien, et d’une séduisante Irlandaise. C’est dans la propriété de ses parents, villa Grifone, à Pontecchio, aux environs de sa ville natale, qu’il fut d’abord instruit et que, très tôt, il acquit quelques rudiments de physique et notamment d’électricité glanés dans les volumes de la bibliothèque.

 

L’été de 1894, Guglielmo le passa avec son frère Alfonso dans les Alpes italiennes. Ce séjour devait marquer un tournant dans sa vie et faire date dans l’histoire des communications. En effet, il découvrit alors par hasard un article du grand physicien allemand Heinrich Hertz, démontrant que l’énergie électromagnétique se propage dans l’espace sous forme d’ondes de même nature que les ondes lumineuses. Il commença à rêver au moyen de les utiliser pour transmettre le son.

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Heinrich Hertz

 

Faire tinter une sonnette

De retour  à Pontecchio, Il s’enferma dans son laboratoire installé tout en haut de la maison, et plus d’une fois, il oublia de manger et de dormir. Après biens des essais décevants, il réussit enfin, de son dernier étage, à faire tinter une sonnette placée au rez-de-chaussée simplement en appuyant sur un bouton et sans l’aide d’aucun fil. Du même endroit, quelques mois plus tard, en septembre 1895, il transmettait un signal en morse au flanc de la colline d’en face : la télégraphie sans fil était née.

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Peu de gens en Italie comprirent l’utilité de cette invention. Marconi fut vexé et déçu par le dédain du ministre des Postes, qui s’expliquait un peu par le fait que les pays européens communiquait déjà entre eux par les fils du télégraphe et qu’un câble sous-marin les reliait au continent américain.

Mais en février 1896 il se rendit avec sa mère à Londres, et là, on reconnut promptement les immenses possibilités de sa découverte.

A la différence de nombreux inventeurs, il avait le sens pratique d’un homme d’affaires. A la fin de 1898, il fondait une entreprise, la Marconi Wireless Télégraph and Signal Company, et faisait la démonstration de son dispositif sur un phare et sur un bateau-phare des côtes anglaises.

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Vers le mois de janvier 1901 il avait, à force de travail, étendu la portée de la T.S.F. à près de 300 kilomètres. La Marine britannique fut la première au monde à acquérir le droit de l’utiliser. Puis, le 12 décembre de la même année, une expérience décisive eut lieu à Saint-Jean de Terre-Neuve. Sur la côte battue des vents, Marconi et deux collaborateurs anglais captèrent le premier signal venu de Poldhu, dans les Cornouailles ; parcourant 2 700 kilomètres à travers l’éther, il fut perçu à plusieurs reprises. Dès lors la face du monde fut changée.

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A : 9 600 kilomètres de là.

La T.S.F. allait devenir le moyen universel de communication pour les gouvernements, les flottes de guerre et de commerce, les hommes d’affaires et les particuliers. Puis en 1912, lors du naufrage du Titanic, on eut la démonstration éclatante du rôle qu’elle pouvait jouer dans les drames de la mer : prévenu par la voix des ondes, le Carpathia put se porter sur les lieux et sauver 705 personnes. Pendant ce temps, à New York, un jeune radiotélégraphiste resta soixante-douze heures d’affilée devant son appareil qui assurait seul le contact entre la ville et le bateau sauveteur. Il s’appelait David Sarnoff, il allait devenir l’ami de Marconi et jouer un rôle immense dans le développement de la télégraphie sans fil. Il fut plus tard le président de la RCA (Radio Corporation of America), branche mère de la National Broadcasting Company.

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David Sarnoff

 

Au cours des ans, chercheurs et inventeurs de tout pays améliorèrent et perfectionnèrent l’œuvre de Marconi.

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Capitaine H.J. Round

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John Ambrose Fleming et le capitaine H.J.Round en Angleterre, Lee De Forest aux Etats-Unis et bien d’autres contribuèrent à rendre possible la transmission de la voix.

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Le 13 janvier 1910, sur la scène du Metropolitan Opera de New York, Caruso et d’autres artistes chantèrent devant des micros encore bien primitifs. En 1915, à San Francisco, un technicien de la compagnie Marconi s’entretint avec un correspondant de Funabashi, au Japon, à 9 600 kilomètres de là, par le relais d’Honolulu.

En 1920, à Pittsburgh, en Pennsylvanie, K.D.K.A., la première station américaine de radiodiffusion  commerciale, commença à émettre.

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Marconi suivait de près les progrès réalisés par d’autres dans le domaine dont il avait été le pionnier. Ses brevets donnèrent souvent lieu à contestation, l’obligeant à défendre ses droits devant les tribunaux, tant en Europe qu’en Amérique. Il gagna presque toujours, non seulement à cause de son honnêteté foncière et de son travail assidu, mais aussi parce que ses prétentions étaient toujours parfaitement fondées. Fort scrupuleux, il n’omettait jamais de citer ceux

- chercheurs, scientifiques, inventeurs – dont les travaux lui avait servi, fût-ce pour y trouver une orientation, voire une simple inspiration.

 

Le 20 juin 1922, nouvelle innovation : un poste émetteur miniature capable de diriger les ondes électromagnétiques comme un faisceau de lumière et permettant d’utiliser des micro-ondes. Cet étrange engin était le précurseur des pylônes d’antennes de relais, grâce auxquels on retransmet aujourd’hui encore les images télévisées, les données des ordinateurs et les conversations téléphoniques.

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Esprit clairvoyant, Marconi avait, dès 1903, compris que la radio jouerait un jour un rôle primordial pour l’échange des idées, Bien qu’elle l’intéressât surtout en tant que moyen de sauvetage et beaucoup moins comme moyen de divertissement, il fit des essais en ce sens sitôt après la Première Guerre mondiale.

Un soir de 1920, les amis que les Marconi recevaient à bord de leur yacht, l’Elettra – où il avait installé tout un laboratoire de recherche pour procéder à des expériences au large des côtes septentrionales de l’Espagne –

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Dansèrent au son d’un récepteur de radio qui retransmettait la musique d’un orchestre jouant dans un hôtel londonien. Ils captèrent aussi la voix splendide de Melba chantant à Covent Garden et qui, du bateau, fut rediffusée à d’autres stations d’Europe, réalisation prodigieuse pour l’époque.

 

Quand Marconi entreprenait un travail, il s’y donnait à fond. Un jour, en Irlande, des journalistes l’attendirent en vain et le maudirent jusqu’au moment où ils surent ce qui l’avait retenu : une petite fille de six ans lui avait demandé de réparer sa poupée et il s’était absorbé dans cette tâche qu’il avait tenu à terminer.

Une autre fois, en Angleterre, il reçut le petit garçon d’un de ses techniciens qui s’était faufilé jusqu’à la porte de son imposant bureau et avait demandé à voir « le maître ».-Mon chien est malade, lui expliqua le petit bonhomme, et papa dit qu’il faut le renvoyer au ciel. Mais je voudrais savoir si vous pouvez parler au bon Dieu parce qu’alors vous n’auriez qu’à lui demander de me le laisser.

Marconi se garda de lui avouer que de pareils messages ne se transmettait pas par les moyens ordinaires. Il promit néanmoins d’agir. Il fit raccompagner l’enfant, puis appela le meilleur vétérinaire de Londres qui réussit à sauver l’animal.


 

 « Je suis fier d’être italien »

Pendant les dix années qui suivirent notre première rencontre, j’eus plusieurs fois l’occasion de revoir le grand inventeur. Puis, en 1932, alors que Mussolini était au pouvoir depuis dix ans, nos pas se croisèrent de nouveau.

Sans doute par fidélité à Victor- Emmanuel III, qui n’était pas encore tout à fait réduit à l’état de fantoche, Marconi avait jusque là soutenu le gouvernement fasciste. Quelques rares amis savaient toutefois que, sa déception grandissant, il envisageait, bien à contrecoeur, d’aller s’installer à Londres.

Au début de 1932 donc, grâce à sa recommandation, je devins la première journaliste de radio en Europe, et peu de temps après la traductrice en simultané des discours de Mussolini.

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Cependant, à mesure que la dictature devenait plus totalitaire,- et mes convictions antifascistes plus marquées - je me sentais en danger. En juin 1937, je fus brusquement congédiée et placée sous surveillance policière. Fort d’une renommée considérable, Marconi intervint en ma faveur et commença à prendre des dispositions pour que je puisse gagner l’Amérique. Il me fit obtenir passeport et visa de sortie, ce qui n’échappa sans doute pas à l’attention de la police secrète. Je suis persuadée que, sans lui, je n’aurais pas pu quitter l’Italie. La veille de mon départ, fixé au 25 juin, j’allai prendre congé de mon vieil ami et le remercier. Contre son habitude, il se montra plutôt loquace et me parla longuement des Etats-Unis et du peuple américain.

« Ce n’est pas dans les grandes cités mais dans les petites localités rurales que sont conservées les solides vertus des pionniers, me dit-il. Croyez-moi, c’est un pays qui porte les espoirs du monde. Je sais que vous y serez heureuse. »

Avant de le quitter, j’eus ce cri du cœur :

«  Quelle immense dette de reconnaissance vous doit l’humanité ! »

Il me répondit posément :

«  Mon petit, chacun de nous fait ce qu’il peut à sa manière »

Puis, après un long silence, il ajouta avec une certaine solennité :

«  Si l’on se souvient de moi, quand je ne serais plus, j’espère qu’on n’oubliera pas que j’étais italien, je suis fier d’être italien. »

Incapable de dire un mot tant j’avais la gorge serrée, je me levai et lui tendis la main par-dessus son bureau.

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Marconi dans son Laboratoire

 

A peine un mois plus tard, une dépêche se rependait aux quatre coins du monde par la voie de ces ondes qu’il avait maîtrisées :

Elle annonçait sa mort. Dans ma chambre d’hôtel, à New York, je restai muette d’émotion, séparée par tout un océan du pays où le grand homme repose aujourd’hui pour toujours.

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Funéraille de Marconi


 

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Le tombeau de Gugliemo Marconi

 

Source de Sélection du Reader’s Digest d’avril 1975.

 

 





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